Série « L'état du monde » – Épisode 1 : Ukraine / Russie
- Mrs Prue

- 6 juil.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 juil.

Bienvenue dans « Le décryptage du mardi ».
Chaque semaine, jetons un oeil curieux et objectif sur les faits de société, l'actualité globale et les tendances qui nourrissent les médias.
Quel rapport entre cette guerre et l'Afrique ? À première vue, aucun. Pourtant, à l'heure où l'économie, l'alimentation et la sécurité sont interconnectées à l'échelle planétaire, l'onde de choc de cette guerre redessine silencieusement les équilibres de notre continent. Pour comprendre le positionnement de l'Afrique dans le monde actuel, il faut analyser froidement ce qui se joue ailleurs.
Peut-on encore sincèrement parler de « victoire » lorsqu'un pays est à genoux ?
J'ai récemment entendu beaucoup de commentateurs utiliser l’expression « victoire à la Pyrrhus » pour qualifier la résistance militaire de l'Ukraine face à la Russie. Cela m'a intrigué alors j'ai fait quelques recherches...Pour synthétiser l'idée, une victoire à la Pyrrhus, c’est le fait de gagner une bataille mais d'y laisser sa peau et toutes ses forces.
Sauf que dans le cas précis du conflit russo-ukrainien, il y a un contresens majeur dans la bouche des experts. Dans l'histoire, Pyrrhus était un conquérant, un envahisseur, qui avait foiré ses calculs : il s'était épuisé tout seul à l'étranger par ambition. Ce qui n'est pas du tout le cas de Zelensky, qui je le rappelle positionne l'Ukraine en situation de légitime défense et ce depuis le début de cette "invasion" russe.
Aujourd'hui, si on regarde strictement les faits de manière totalement impartiale, il est clair que la situation sur le terrain est bien plus brutale qu'une simple erreur de stratégie :
La Russie encaisse des pertes militaires importantes, mais son territoire est quasiment intact, son économie tourne et sa société fonctionne plus ou moins normalement.
L'Ukraine, elle, affiche un bilan global dramatique : des infrastructures clés détruites, une économie sous perfusion internationale et une fuite démographique massive qui hypothèque son avenir.
Peu importent les positions politiques ou les déclarations des dirigeants, le constat comptable est là et visible de tous.
Le concept de Pyrrhus est intéressant non pas pour juger des chefs d'État, mais pour voir la réalité en face : au jeu de l'usure moderne, le vrai perdant est simplement celui qui hérite des ruines et dont le tissu vivant est détruit, pendant que l'autre continue de tourner. Quand le coût matériel et humain est aussi disproportionné, le mot "victoire" n'a plus aucun sens. D'ailleurs, selon Plutarque, le fameux Pyrrhus l'a confirmé en ses termes : " Encore une victoire comme celle-là, et nous serons perdus."
Mais attendez un peu et observez comment l'histoire bégaye : le précédent finlandais
Ce scénario rappelle un autre fait réel : la Guerre d'Hiver en 1939. La petite Finlande avait résisté héroïquement face au géant de l'Union soviétique, forçant le respect du monde entier et sauvant son indépendance. Mais sur le papier, pour obtenir la paix, elle a dû céder 10 % de son territoire, voir ses infrastructures détruites et déplacer des centaines de milliers de ses propres citoyens. Une "victoire" politique et de survie, payée au prix fort d'un désastre national, dont elle a mis des lustres avant de s'en remettre !
Alors selon vous le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?




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